Lettre à celui que j’ai aimé et que j’aime encore : j’ai tant de regrets

Ça fait déjà plus d’un an que nous nous sommes séparés.

Un an déjà que tu m’as simplement dit que tu ne m’aimais plus.

Un an à me dire qu’avec le temps ça irait. Un an à essayer de me reconstruire et de recoller ensemble les morceaux de mon cœur.

Quand je t’ai rencontré, j’étais très fragile et tu m’as permis de reprendre confiance en moi. Mais depuis un an, c’est comme si j’étais repartie à zéro. Comme si tu avais repris tout ce que tu m’avais apporté et bien plus encore.

Au cours de cette année, j’ai rencontré des hommes. J’ai eu quelques brèves relations. Et de ces relations, j’ai appris des choses, j’en ai tiré des leçons. Mais rien de comparable avec ce que nous avions. Rien qui ne soit à la hauteur de tout ce que tu m’as appris.

Je vais être honnête, ces autres relations ne m’ont aucunement empêchée de penser à toi. Au contraire, je dois avouer que j’ai pensé à toi chaque jour et peut-être même chaque minute… Mais je me suis battue, battue pour retrouver ce que j’avais perdu.

Puis j’ai compris que je n’étais à la recherche que d’une chose : toi. Je te cherchais en chacun de ces hommes que j’ai rencontrés. Avec du recul, je crois que c’est un comportement relativement normal, qui fait partie du travail de deuil que j’essayais tant bien que mal de faire.

Mais si j’ai mis tant de temps à me l’avouer et à en prendre conscience, c’est certainement parce que j’avais honte. Honte de penser encore à toi après autant de temps. Honte de n’avoir pas encore réussi à me reconstruire et à passer à autre chose.

J’avais honte de toujours t’aimer

Ma gorge se serrait chaque fois que je prononçais ton nom. Chaque fois que quelqu’un m’interrogeait sur mon passé amoureux et que je “mentionnais” notre histoire, mon cœur se mettait à battre la chamade. Et chaque fois, je réalisais que tu étais le seul à me faire cet effet.

Notre histoire a complètement ébranlé mon univers. Comme un ouragan balaie une ville entière. Et même si je suis encore habitée par cette honte dont je n’arrive pas à me débarrasser, il est vrai que ma reconstruction ne fait que commencer. Les morceaux de mon cœur sont encore éparpillés, quelque part autour de moi.

Mais je me fais doucement à l’idée que tu ne seras pas celui qui les recolleras.

J’apprends, peu à peu à vivre sans toi.

Et dans ce long processus, pendant que j’essayais de mettre de côté nos souvenirs heureux, j’ai fini par rencontrer quelqu’un d’autre. Et c’est exactement à ce moment-là que tu as décidé de me recontacter ; comme si tu avais senti mon cœur s’emballer à nouveau.

C’est ce moment-là que tu as choisi pour me déballer tout ce que tu avais sur le cœur.

Et c’est tout ce que j’avais toujours désiré, pendant plus d’un an. Pour la première fois, tu laissais enfin place à ta vulnérabilité. Mais contre toute attente, je t’ai ignoré parce que j’ai eu l’impression que c’était la seule chose à faire ou plutôt la bonne chose à faire.

J’étais avec quelqu’un d’autre et par loyauté, je n’ai eu d’autre choix que de te rembarrer. Et depuis je ne cesse d’y penser. Je ne cesse de réentendre les mots que tu as prononcés, ceux que j’avais tant attendus. Je n’avais qu’une envie, m’approcher de tes lèvres et t’embrasser. Te prendre dans mes bras et te dire à mon tour tout ce que j’avais sur le cœur.

Mais maintenant, je suis pleine de regrets…

Je regrette de ne pas t’avoir confié à quel point tu me manquais. Je regrette de ne pas m’être battue, pour toi et pour nous.

Je me souviens de cette soirée où tu m’as dit que tu voulais me quitter. Que tu ne m’aimais plus, que certaines choses te semblaient irréparables et que nous ne pouvions plus continuer ainsi. Moi, je n’ai fait que pleurer, me vider de toutes mes larmes.

J’ai longtemps cru avoir pleuré de tristesse, puis j’ai réalisé récemment que ce qui m’avait fait le plus mal, c’était ce sentiment atroce de rejet. Et je me souviens que presqu’instantanément, j’ai ressenti le besoin de te dire que je n’aimais que toi et que je ne voulais que toi.

Ce sont des mots que je n’avais jamais vraiment prononcés. Et bizarrement, en les disant enfin, au moment même où tu me quittais, j’ai pu m’en délester sans aucune culpabilité et sans aucune honte.

Puis vint le silence. Un silence total. Un vide. Rien. Plus rien. Tu avais quitté la chambre que nous occupions. Je m’y retrouvais seule et tu étais aussi injoignable par téléphone. Il m’a fallu nettoyer et ranger, indéfiniment seule.

Puis nous nous sommes retrouvés, au même endroit où nous nous étions quittés.

Là où nous avions partagé cette première nuit, dans cet hôtel à jamais empreint de toi. C’est la même tristesse qui m’habitait. Je n’étais que tristesse et rien d’autre. Je n’étais pas triste à cause de toi ou d’une chose que tu avais pu faire.

J’étais triste de m’être infligé tout ça. Triste de ce que j’avais fait, moi-même. Triste de n’avoir pas parlé, de ne pas m’être exprimé, de m’être tue encore et encore. Surtout, j’étais dévastée à l’idée de t’avoir perdu une seconde fois.

J’avais tellement espéré te récupérer et pendant tellement longtemps. Mais pourtant, je ne me suis pas battue pour nous ; en tous cas, pas quand il l’aurait fallu. Et si je suis seule aujourd’hui, c’est uniquement ma faute. Je m’en veux de ne pas t’avoir dit que cette dernière conversation, ces derniers mots que tu avais partagés avec moi résonnaient sans cesse dans ma tête depuis, en boucle tels une inlassable comptine.

Je t’ai fait une chose dont je ne me serais jamais cru capable. Je t’ai rejeté. J’ai rejeté tout ce que j’avais toujours rêvé t’entendre dire. J’ai rejeté tes sentiments et ce moment de vulnérabilité que tu venais de m’offrir.

J’aurais dû me battre. J’aurais dû te dire. Je n’aurais pas dû essayer de passer à autre chose aussi vite. Je n’aurais pas dû essayer de te retrouver en tous ces autres hommes.

J’aurais dû saisir ma chance et courir vers toi. J’aurais dû essayer de t’aimer à nouveau. J’aurais dû me battre, si fort… Je n’aurais pas dû douter de toi et douter de tes mots. J’aurais dû y croire et te faire confiance. Tes mots m’ont dévastée. Ils ont été douloureux, mais de cette belle douleur que j’attendais depuis si longtemps.

J’aurais dû te dire que je t’aimais comme au premier jour, de tout mon être.

Jamais je n’aurais dû te briser le cœur. Parce que la loi du Talion, ce n’est pas pour moi. Je n’y crois pas. Ça ne sert à rien de se venger. C’est stupide et puéril.

Pendant une seconde, j’ai eu envie que tu sentes la douleur du rejet comme je l’avais ressentie. Mais quelle erreur j’ai faite ! Je voulais que tu expérimentes la solitude. Je voulais que tu saches ce que l’on ressent quand on réalise que l’être aimé a décidé de ne plus se battre pour nous.

Et je regrette amèrement mon erreur… Je regrette amèrement cette toute petite décision, prise en un dixième de seconde.

J’aurais dû me battre pour toi, parce que je sais que jamais je ne te retrouverai en quelqu’un d’autre. Il n’y a que toi et uniquement toi. Tu es le seul capable de recoller les morceaux de mon cœur et j’aurais dû le comprendre bien avant. Parce que mon cœur t’appartient…

Mais j’ai peur. J’ai peur de ne plus jamais avoir la chance de devoir me battre pour toi. Et j’ai peur de devoir vivre le restant de mes jours avec cette terrible décision que j’ai prise. Comme toi tu devras certainement vivre avec celle que tu as prise il y a maintenant plus d’un an…

Mais auras-tu autant de regrets que moi ? Je ne crois pas parce qu’après tout, tu as fini par trouver le courage de te battre pour moi…

Je sais que l’ombre de notre amour m’habitera à jamais. Je sais aussi que tu vaux tous les combats du monde et que je ne ferai pas la même erreur deux fois…

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