Je suis une femme formidable

Tu t’es servi de moi, dans tous les sens possiblement imaginables. Et malgré tout, tu as réussi à me faire croire que j’étais la seule fautive. Tu as réussi à me faire croire que j’avais eu tort, que j’avais mal agi ou que je m’étais mal comportée.

Tes infidélités, tes mensonges et le mal que tu m’as fait… Il semblerait que ça ne compte pas. Tout est ma faute. Je suis la seule à blâmer.

Encore aujourd’hui, j’en suis à me demander ce qui cloche chez moi

Pourquoi m’avoir donné l’impression que je ne valais rien ? Si tu en es là aujourd’hui, c’est aussi grâce à moi. J’ai participé à ta réussite. Je t’ai aidé et accompagné. Je t’ai permis de surmonter tes peurs et de passer au-delà tes faiblesses.

Je pourrais dire que je te déteste. J’en aurais le droit. Et pourtant, malgré tout ce que tu m’as fait, ce n’est pas le cas. Je n’y arrive pas.

Pourtant, tu as menti. Tu as raconté des choses immondes à mon propos. Tu as dit que j’étais folle. Tu as dit que c’était moi qui t’avais trompé. Et je me demande si ce mensonge t’as permis de relativiser tes propres infidélités.

Je me rappelle toutes ces heures que tu as passées à le crier dessus. Je me rappelle de mon silence, assise là en larmes. Je me rappelle de tes excuses, le lendemain au réveil. Je me rappelle de ton baiser avant de t’en aller au travail.

Je me rappelle surtout de ma résilience. De ma volonté de ranger la maison pour qu’elle t’accueille à ton retour.

Je me rappelle de tous les pardons que je t’ai accordés.

“Tu as faim mon amour ?” Ne t’inquiètes pas, je vais nous faire quelque chose à grignoter.

“Va te coucher, je m’occupe de tout.” Je ne voudrais pas que tu t’endormes sur le canapé et que ton corps soit tout endolori. Va te mettre à l’aise. Et n’oublies pas de mettre ton réveil. Je ne voudrais pas que tu sois en retard au travail.

“Allez mon amour, réveille-toi.” Il ne faut pas que tu sois encore en retard.

“Tu veux que je fasses ça ?” Je ne sais pas, ça me met un peu mal à l’aise. Oui, je sais que tu m’aimes alors je vais prendre sur moi et on va essayer. Je vais le faire, pour toi. Parce que moi aussi je t’aime, plus que tout.

Alors, tu veux que je te dise une chose ? Quand je me relis, quand je repense à tout ça,

Je me dis que tu avais peut-être raison… Je suis bien folle !

Folle d’avoir cru tous tes mensonges. Folle d’avoir cru que tu m’aimais. Folle d’avoir cru que je comptais pour toi.

Tu me disais toujours qu’on formait une bonne équipe, “toi et moi”. “Tant qu’on est ensemble, tout va bien”. Tout ira bien. Et évidemment, je te croyais. Je buvais tes paroles. J’y ai cru pendant des années.

Puis un jour, je t’ai attrapé en train de mentir. Je t’ai surpris avec quelqu’un d’autre. Une autre femme… Et enfin, j’ai compris. Enfin, j’ai décidé de penser à moi et de m’insurger. Hors de question que tout ça dure plus longtemps. Hors de question de continuer à être traitée comme une moins que rien.

Ta réaction ? Je m’en souviens comme si c’était hier. Tu me cries dessus. Tu me hurle de m’en aller. J’ai gâché ta journée. Je ne suis qu’une idiote, une ingrate. Tu as besoin d’espace et de temps. Tu te sens pris au piège. Tu as l’impression que je grignote un peu plus chaque jour ta si précieuse “liberté”. Tu ne veux plus être avec moi.

Et puis tu prononces ces mots, terribles… Ceux qui sonnent le glas :

“Mais est-ce qu’on a jamais été ensemble ?” “Je ne sais pas ?” “Qu’est-ce qu’il y a entre nous ?” “De l’amour ? Je n’en suis pas certain.”

Aujourd’hui, tu es avec elle

Tu la laisses regarder ton téléphone… Si j’osais ne serait-ce que de le toucher, tu me houspillais violemment en me disant que ça ne me regardait pas. Tu te souviens de la fois où tu m’as hurlé dessus en plein restaurant ? Et de la fois dans la rue ?

Tu m’as fait pleurer en public. Moi, je m’en souviens parfaitement. Je t’avais simplement demandé pourquoi tu continuais d’échanger avec cette fille, celle à qui tu avais promis de ne plus jamais écrire. Celle avec qui tu as fini par me tromper.

Mais je suppose que tu l’aimes, bien plus que tu ne m’as aimée. Parce que si elle a ce droit-là, celui de prendre ton téléphone portable, si elle a réussi à t’éloigner de moi, c’est qu’elle doit être unique. Une fille spéciale.

Je suis dévastée. Je suis dans une telle souffrance… Certains jours, je n’arrive même pas à me hisser hors du lit. J’ai perdu l’homme que j’aimais le plus au monde. J’ai perdu une partie de moi, une partie de mon âme. J’ai perdu mon meilleur ami.

Mais j’irai mieux. J’apprendrai à me reconstruire. Il me faudra du temps, c’est certain mais je vais y arriver. Et je te promets que tu n’auras pas l’honneur de voir celle que je deviendrai à ce moment-là.

Malgré tout, je te souhaite le meilleur

Jamais je ne pourrais te souhaiter du mal, pourtant c’est tout ce que tu m’as apporté. Non, moi je te souhaite le meilleur. Je te souhaite de connaître l’amour véritable et un bonheur extatique. Je te souhaite de réussir professionnellement et d’avancer. J’espère que tu iras loin.

J’espère que tu découvres qui tu es vraiment et que tu trouves ta voie. J’espère que tu trouves ta place dans ce monde. Et après tout ce qui s’est passé, je me retrouve encore à regretter de ne pas pouvoir te regarder alors que tu atteins tous ces objectifs.

Mais c’est comme ça. Il y aura toujours une place pour toi dans mon cœur. À jamais. Mais il est temps de te dire adieu.

Cependant, je te suis reconnaissante. Tu m’as appris une chose : on n’est pas toujours aimé de ce que l’on choisit d’aimer. Et la vie est ainsi faite, on n’y peut rien.

J’espère qu’un jour, je rencontreras quelqu’un qui sera heureux de recevoir tout ce que j’ai à donner. J’espère qu’un jour, j’aurais une véritable valeur aux yeux de quelqu’un. Mais aujourd’hui, je suis sure d’une chose : je suis formidable et jamais je ne dois changer pour un homme qui ne me mérite pas.

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